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Allaitement : les 10 choses qu’on ne sait pas avant de le vivre

Dernière mise à jour : oct. 11


L’allaitement est naturel mais pourtant pas inné. En effet, avant de se lancer dans une aventure lactée avec son bébé, mieux vaut s’être renseignée. Même si pour certaines mères le début de l’allaitement se fera facilement ce n’est pas toujours le cas. Entre mise au sein, montée de lait et position d’allaitement, mieux vaut s’être renseignée un peu avant et/ou être bien entourée. Les premiers jours ne sont pas évidents et peuvent même être douloureux. Mieux vaut alors prendre les choses en main rapidement avant que cela ne devienne vraiment compliqué. Se faire aider et conseiller est une des clefs de la réussite de l’allaitement. N’hésitez pas à chercher une personne de confiance qui saura vous accompagner, sage-femme ou consultante en lactation sauront vous guider. Mais, bien qu’entourée, il est aussi primordial de se faire confiance et de s’écouter. On ne le dira jamais assez, mais vous êtes celle qui connaît le mieux votre bébé. Et même si les premiers temps, vous ne vous sentez pas forcément très à l’aise avec lui ou avez l’impression de ne pas le connaître et le comprendre, dites vous que les autres le comprennent encore moins ! Lorsque vous avez une intuition, suivez-là et faites-vous entendre ! Bref, l’allaitement est un chemin plein d’amour et de beaux moments mais, même bien renseignée, on en apprend toujours sur le moment ! Voici donc les 10 choses que je ne savais pas sur l’allaitement et que j’ai découvertes au fur et à mesure.


1. La montée de lait peut être tardive

On dit que la montée de lait a lieu la plupart du temps le 3e jour. Mais celle-ci peut être retardée et ce n’est pas une raison pour paniquer ! Les raisons peuvent être diverses : une césarienne et donc une mise en route des hormones plus longues, un travail long et difficile, une première mise au sein qui s’est faite tard… Dans ce cas, il faut un maximum de repos, faire beaucoup de peau à peau pour favoriser l’ocytocine mais aussi la prolactine (hormone permettant la production de lait), faire téter bébé le plus possible, bien s’hydrater… Vous pouvez aussi boire des tisanes d’allaitement (à base de fenouil notamment), manger des aliments galactogènes c’est-à-dire favorisant la production de lait. Si cela commence vraiment à tarder, vous pouvez aussi tirer votre lait au tire-lait toutes les 3h pour stimuler la montée de lait. Dans tous les cas n’hésitez pas à vous entourer d’une consultante en lactation qui pourra vous aider. Elle pourra aussi revoir votre position d’allaitement qui peut être une des raisons de la montée de lait tardive si votre bébé ne tête pas bien.


2. La mauvaise prise au sein de bébé

En effet, de nombreux problèmes d’allaitement au début sont liés à une mauvaise prise au sein du bébé. Ainsi, il ne stimule pas assez la production de lait et donc ne boit pas assez. Cela peut en plus vous faire mal. Les problèmes de crevasse y sont souvent liés. Cette mauvaise prise au sein de bébé peut être liée à une mauvaise position d’allaitement. Une consultante en lactation pourra vous aiguiller, vous pouvez aussi essayer de changer de position. Il en existe de multiples : madone, ballon de rugby, BN, allongée, position de la louve… Parfois la mauvaise prise au sein de bébé peut aussi être liée à des freins buccaux. Cela arrive assez fréquemment et il convient alors souvent de les couper. Peu de personnes sont vraiment bien formées pour les détecter. N’hésitez pas à consulter ce site réalisé par une médecin spécialiste des freins buccaux pour vous informer. Vous y trouverez un annuaire pour consulter un professionnel formé proche de chez vous. Attention, avant et après la coupe de frein, il faut impérativement faire des exercices pour une cicatrisation optimale.

A bien noter également que, parfois, le bébé prend correctement le sein pour les premières tétées en retroussant bien ses lèvres inférieures et supérieures. Cela pousse donc à penser qu’il n’a pas de problème de freins. Mais cette bonne prise du sein dans le cas de légers freins peut être un réflex archaïque qui va donc disparaitre. Par la suite, le bébé prendra donc moins bien le sein, et ses freins pourront être à surveiller.


3. Le tire lait peut devenir un allié précieux

Ces différents problèmes que vous pouvez rencontrer au début : montée de lait tardive, mauvaise prise de sein, douleurs aux mamelons etc peuvent être en partie résolus par l’utilisation du tire lait un certain temps. Attention toutefois à l’introduction du biberon trop tôt pour ne pas entraîner de confusion sein/tétine pour le bébé et qu’il ne souhaite plus prendre de biberon ensuite… Vous pouvez alors par exemple utiliser un DAL (dispositif d’aide à la lactation) : cela permet au bébé de boire le lait tiré en même temps qu’il tète le sein. Pour les crevasses, le lait maternel est un excellent cicatrisant à appliquer sur les mamelons abimés.


4. L’allaitement permet un sommeil de qualité

L’allaitement peut être compliqué à mettre en place les premiers temps mais il y a bien un avantage qui n’est pas à négliger ! Il s’agit de la qualité du sommeil qui en découle. Et pourtant on n’en parle pas beaucoup. En effet, la prolactine et l’ocytocine qui sont des hormones produites par le corps pour l’allaitement ont des effets incroyables sur le sommeil. La prolactine favorise le passage en sommeil lent qui est plus récupérateur. Entre deux tétées la nuit, la maman a donc un sommeil très récupérateur et parvient à se rendormir très rapidement. Quant à l’ocytocine, elle permet de se détendre et est donc propice au repos et à un bon sommeil. Alors même si l’allaitement peut être fatigant au début, ses effets bénéfiques liés aux hormones se font vite remarquer !


5. Un des seins est plus productif que l’autre

En temps normal, les femmes ont souvent un sein légèrement plus gros que l’autre. De la même manière il n’est absolument pas anormal d’avoir une asymétrie dans la production de lait. Comme en temps normal, un sein risque d’être un peu plus gros. Si cette asymétrie est très importante le bébé va avoir tendance à préférer le sein qui produit plus et pour lequel le lait coule plus vite. Dans ce cas, mieux vaut commencer la tétée par le sein le moins productif pour continuer à le stimuler et éviter une diminution conséquente de la production. Si toutefois il y a un véritable problème sur l’un des seins, le bébé peut très bien être nourri par un seul sein de sa mère.


6. Le lait maternel est meilleur pour le reflux gastro-œsophagien

Hormis les cas de RGO (reflux gastro-œsophagien) sévère où un traitement et un lait épaissi vont être nécessaire, le lait maternel est meilleur pour les bébés souffrant de RGO. En effet, celui-ci est mieux digéré. Il se digère plus facilement et plus rapidement que le lait artificiel. Ainsi il passe moins de temps dans l’estomac, ce qui diminue donc le risque de reflux. Certains pédiatres vont pousser à passer au lait en poudre en cas de RGO sévère mais cela n’est pas toujours nécessaire, demandez un second avis ou testez. Vous pouvez aussi tirer votre lait et l’épaissir par exemple si vous souhaitez continuer à allaiter.


7. Le muguet

Le reflux en lui-même peut déjà être difficile pour le bébé mais aussi pour les parents puisque le bébé a souvent beaucoup besoin d’être porté, ce qui peut être très fatigant. Mais une autre conséquence du reflux, moins connue, est le muguet. Il s’agit d’un champignon, le candida, qui prolifère dans la bouche du bébé. Cela se voit car le bébé se retrouve alors avec la langue blanche. Cela peut être douloureux pour lui et il peut alors moins téter et perdre du poids. L’une des causes fréquentes de cette prolifération est le reflux qui remonte de l’acidité dans la bouche, propice au développement du champignon. Le bébé allaité peut alors contaminer les mamelons de sa maman qui va alors souffrir d’une candidose mammaire. Celle-ci est souvent bien douloureuse. Il convient alors de traiter à la fois la maman et le bébé pour éviter qu’ils ne se recontaminent à tour de rôle.


8. Les seins mous pendant les pics de croissance

Il est bien connu que le bébé fait différents pics de croissance. Généralement on parle du 3/6/9 : le bébé a un pic de croissance à 3, 6 et 9 jours, puis à 3 et 6 semaines et enfin à 3, 6 et 9 mois. Alors qu’on pense à un pic de croissance physique il s’agirait en fait plutôt d’une progression dans le développement de l’enfant, par exemple le fait de se retourner d’un côté à l’autre. Lors de ces poussées de croissance les besoins de l’enfant changent, son besoin en lait évolue, il boit plus. La maman a alors l’impression d’avoir les seins mous, ou vides. En effet, le bébé boit plus et vide donc les seins, le temps que la production de lait s’adapte. C’est tout à fait normal, ce n’est pas que vous n’avez plus de lait et que cela doit signer la fin de votre allaitement. Il s’agit simplement d’une étape de transition. C’est d’ailleurs souvent avec cette impression de « seins mous » que l’on reconnaît un pic de croissance de façon nette.


9. Le passage à l’allaitement autocrine

Lorsque l’allaitement dure depuis déjà plusieurs mois, la maman peut sentir une évolution dans sa lactation. Ainsi, alors que jusque là elle ressentait régulièrement des montées de lait entre les tétées et qu’elle sentait ses seins se remplir, ces sensations disparaissent. Les montées de lait se font moins intenses et au moment des tétées, et elle n’a plus cette impression de sein plein ou tendu. Cela survient généralement vers 3 ou 4 mois d’allaitement. La maman va alors penser à une baisse de lactation. Il s’agit en fait du passage à la lactation autocrine. Jusque là, la production de lait se faisait sous le coup des hormones. Elle va désormais devenir progressivement contrôlé par la glande mammaire. C’est la succion du bébé qui stimulera la production de lait, et le stockage entre les tétées est donc moindre.

Si l’on n’a pas connaissance de ce fonctionnement, cela peut être très déstabilisant pour la maman qui va croire qu’elle n’a plus assez de lait pour son bébé et va donc penser qu’elle doit arrêter d’allaiter…


10. L’allaitement empêche de se remuscler

En post partum, une fois la rééducation du périnée faite, la maman peut avoir envie de retrouver un corps tonique et donc reprendre le sport pour se remuscler.

La rééducation abdominale peut par exemple être une bonne manière de remettre son corps en forme. Celui-ci a en effet perdu beaucoup de muscle pendant la grossesse. Les abdos se sont par exemple écartés pour laisser place au bébé et ont fondu.

Il faut toutefois savoir que tant que l’allaitement est présent, le corps est encore dans une certaine mesure sous influence hormonale, ce qui va l’empêcher de se remuscler. La grossesse, comme l’allaitement ne sont pas des périodes durant lesquels le corps est fait pour prendre du muscle. Alors si vous avez l’impression de faire du sport et de ne pas en voir les résultats alors que vous allaitez, c’est normal !

En passant d’un allaitement exclusif à un allaitement mixte, on peut déjà voir la différence sur le corps qui va déjà redevenir plus tonique.

Si vous avez déjà fait votre rééducation abdominale, une fois bébé sevré, n’hésitez pas à refaire quelques exercices et vous verrez les effets très rapidement !


L’allaitement est donc une période très particulière pour la vie d’une femme. C’est une relation singulière qui se tisse avec son bébé. Certaines veulent absolument allaiter quand cela rebute totalement d’autres. Chacune est libre de son choix et le plus important est d’être en phase avec sa décision. Si votre choix est d’allaiter et que vous rencontrez des difficultés, n’hésitez pas à vous faire accompagner par des personnes compétentes. Le site de la Leche League est aussi une mine d’informations incroyable. Vous pouvez même contacter une animatrice qui répondra à vos questions.

Et pour le mot de la fin, en ce mois d’Octobre Rose, la bonne nouvelle c’est que des études ont montré que l’allaitement diminue le risque de cancer du sein !